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L’émergence des startups « Proptechs » en France

Depuis 3 ans, les professionnels du capital-risque tel qu’Axeleo Capital, comme de l’Immobilier et des Utilities, observent une forte augmentation du nombre de startups dans le secteur de la « Proptech ». Le phénomène s’accentue et le secteur entre dans une nouvelle ère avec une forte augmentation de la qualité de ces jeunes entreprises innovantes en France et en Europe. Bien que les startups existent depuis longtemps dans la conception, construction, commercialisation, on observe une meilleure structuration de ces startups et une plus forte réceptivité du marché.

Le fait marquant réside dans le fait que les innovations dans le « Real Estate » arrivent aujourd’hui comme une seule et même vague, portées par un momentum profond et constituant un écosystème que les VC anglo-saxons ont baptisé « Property Technologies » (PropTech). Les « Proptechs » englobent ici toutes les startups spécifiques à l’immobilier et aux problématiques urbaines (cela inclut les Construction Techs).

L’immobilier, de la résistance à l’innovation vers l’opportunité d’investissement

Le secteur de l’immobilier est un marché ancien, avec des cycles longs, qui a longtemps résisté à l’innovation. Bien que cette économie représente environ 16% de notre PIB, le domaine innove pourtant très peu. En effet, la productivité n’a augmenté que de 1% en 20 ans.

En 2017, alors que les premières cartographies du marché faisaient état de 150 startups Françaises assimilables à de la « Proptech », les cibles étaient clairement trop jeunes pour constituer une opportunité d’investissement suffisante pour les fonds en capital risque. Les startups accédaient difficilement à leur marché, souvent au prix de longues discussions incompatibles avec leur profil de trésorerie et donc avec des investisseurs financiers.

Aujourd’hui, Proptech House dénombre plus de 2900 startups « proptechs », en Europe. Le marché se structure et les opportunités d’investissement s’affinent.

Plus de 300 startups « Proptechs » en France

Le mapping Axeleo Proptech regroupe une sélection de près de 300 startups « Proptechs » françaises. Bien davantage de startups existent dans le domaine sur le territoire français, mais cette sélection cible les plus emblématiques des différents positionnements innovants sur la chaîne de valeur immobilière.

Sur la partie amont, celle des moyens financiers, on observe des logiciels utilisant la donnée par exemple pour détecter le foncier, faciliter l’accès à la propriété, assurer la liquidité des actifs, mais aussi protéger les investisseurs.

La partie plus empirique de l’immobilier, avec des sujets parfois très « deep tech » ou encore qui abordent leur problématique avec une approche initiale traditionnelle avant d’ajouter progressivement des outils de productivité.

On trouve des approches logicielles de modélisation de la planification urbaine, de generative design — par exemple pour générer les plans d’étages d’un immeuble, des hardwares adaptés aux conditions extrêmes des chantiers, pour planifier de manière collaborative, superviser les engins et les différentes étapes, augmenter les véhicules de chantier pour les préparer à l’autonomie, voire robotiser certains processus physiquement contraignants de la construction. Les matériaux de construction offrent également de belles perspectives à condition d’être armé pour les problématiques de certification et les longs cycles de développement. Mais certains ont trouvé le chemin avec un soutien bénéfique des grands groupes à l’image de Hoffmann Green Cement et son IPO à 75m€ en 2019.

Pour « valoriser » les actifs, aussi bien sur le plan financier que marketing, on trouve des projets utilisant la réalité augmentée et la réalité virtuelle. Les plans passent à la 3D mais il reste encore une difficulté : amener le BIM dans le parc immobilier existant. Pour valoriser financièrement les actifs, on trouve de nouveaux modèles tenant compte de l’impact climatique à venir, ainsi que des logiciels modernes destinés aux asset managers qui permettent (enfin) d’accumuler/croiser les données pour avoir une valorisation quasi-temps réel tenant compte de la moindre intervention sur l’immeuble. Enfin, certaines agences immobilières en ligne semblent trouver leur modèle, notamment en termes de unit economics, ce n’est pas encore le cas sur le locatif.

La gestion des actifs est actuellement très segmentée (Asset manager, Property Manager, Facility Manager…). Là aussi l’information peut mieux circuler et être enrichie. Le predictive data permet d’anticiper les pannes de chauffage ou d’ascenseur, optimiser la consommation énergétique de l’immeuble. L’usage prime de plus en plus sur la propriété, la rotation des occupants (que ce soit résidentiels ou bureaux) est de plus en plus importante ce qui requiert une optimisation des process notamment grâce au digital. Les startups adressent également les enjeux d’efficacité énergétique, avec une meilleure réceptivité du marché qu’auparavant, à l’instar de Deepki (accompagné par Axeleo en 2015), et de la neutralité carbone.

La vie dans le bâtiment se digitalise, les services entrent jusque dans notre logement : contrôles d’accès, traçabilité, qualité de l’air, inclusion sociale, optimisation des flux semblent plus trouver leur marché grâce à une plus grande attention des grands groupes mais aussi une prise de conscience croissante de la demande. On note également que le mode de travail évolue avec beaucoup plus de nomadisme et de flexibilité dans les contrats de location.

Un segment devenu consistant

La thèse « proptech » recoupe finalement une grande diversité de sujets :

  • « Deeptech/R&D intensive » : Nouveaux matériaux, robotique, deep learning…
  • « Digital » : B2C, SaaS B2B mais aussi des modèles plus hybrides (la Pierre c’est du réel, on ne peut pas éviter certaines interventions humaines, qui constituent au final une barrière à l’entrée).
  • « Social Impact » : beaucoup de startups utilisent la technologie pour régler les problématiques sociétaires propres au marché immobilier (accession à la propriété, vie sociale, environnement…), ce qui change c’est que les grands groupes s’y intéressent volontairement et si ce n’est pas le cas ils sont poussés par la demande.

Si les problématiques ne sont pas nouvelles, elles prennent aujourd’hui un caractère beaucoup plus critique au regard des enjeux de neutralité carbone, d’efficacité énergétique mais aussi de pression démographique. Ce qui change aussi, ce sont les moyens beaucoup plus technologiques pour les adresser et une écoute beaucoup plus attentive de la part des grands groupes, certains mettant en œuvre de nouveaux process pour détecter les innovations qui s’apprêtent à bouleverser leur marché, mais aussi pour les intégrer plus vite à leurs activités selon une chronologie plus adaptée aux startups.

 

Ce mapping est un point de vue subjectif de cette verticale d’investissement.

 

S’il manque votre société dans ce panorama ou si vous êtes passionnés par cette problématique, vous pouvez contacter Axeleo via le lien suivant : 👉 Contacter Axeleo